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Dans cet espace privilégié, unique au monde dans la mesure où l’agglomération s’est installée sur deux continents, les civilisations grecque, byzantine puis musulmane ont produit durant plus de 2 500 ans d’extraordinaires foyers culturels.
Ce forum s’intéressera tout naturellement aux nombreux aspects religieux, artistiques, architecturaux, politiques et géopolitiques liés à ce brassage d’idées, de spiritualités, de savoir. Les Grecs ont été présents en Anatolie depuis le ive millénaire avant J.-C. Selon la légende, Byzance aurait été fondée par Byzas, un mégarien. Puis l’empereur Constantin y a établi sa nouvelle capitale en 324. Justinien au vie siècle y construisit de nombreux édifices publics et religieux, comme Haghia Sophia. La ville sera appelée la “Nouvelle Rome”, la première ayant été submergée par les Barbares. Lorsqu’à son tour elle tombera aux mains des Ottomans, en 1453, Moscou prendra le relais de la direction de l’Église orthodoxe et en fera la “Troisième Rome”. Au xive siècle, l’église de Saint-Sauveur-in-Chora témoignera d’un programme iconographique inégalé. Lorsque ces églises deviendront mosquées, les desservants ottomans se contenteront souvent de cacher sous des rideaux ces mosaïques dont les représentations humaines sont interdites par la charia. L’époque ottomane présentera aussi des chefs-d’œuvre architecturaux. Nous nous déplacerons à Brousse pour y découvrir les premières mosquées ottomanes. À Istanbul, une fois conquise, on procédera à la transformation de Sainte-Sophie en mosquée avec des arrangements mineurs pour respecter la direction de La Mecque. Cette ancienne cathédrale influencera désormais le style architectural de toutes les mosquées turques que les grands architectes, comme Sinan d’origine arménienne et ses successeurs, sauront reproduire dans des formes colossales : la mosquée Süleymaniye puis la mosquée Bleue. Il fallait aussi un palais ou sérail digne des nouveaux maîtres ottomans. Dominant la mer de Marmara, Topkapi (porte du Canon), qu’on appellera “Sublime Porte”, deviendra l’Élysée ottoman. Au cours de la deuxième partie du xixe siècle, les souverains préfèreront loger dans les palais occidentalisés donnant sur les rives du Bosphore comme Dolmabahçe. Istanbul fut aussi un creuset humain d’étrangers de toutes origines, ou de Turcs islamisés. Les bazars, le Grand comme l’égyptien, furent construits à leur intention et nous les parcourrons pour leurs senteurs et leurs fruits secs, spécialité du pays. La vie quotidienne était rythmée par la pratique de l’islam populaire, parfois chamanisé, où les confréries jouaient un rôle important, social, caritatif, mystique et parfois festif. L’histoire des relations franco-turques témoigne d’une curiosité réciproque. La signature des Capitulations, véritable traité de coopération avant la lettre, en 1636, par François Ier et Soliman le Législateur, va déclencher un vif intérêt pour l’Empire ottoman et de nombreux voyageurs français et européens vont le parcourir. De son côté, l’administration ottomane décrypte la nôtre à travers un ouvrage intitulé Histoire des Padichahs de France, rédigé en 1572, et qui compile les chroniques des règnes de 61 rois, de Faramond à Charles IX. Plus tard, les ambassadeurs respectifs des deux États ne cesseront de commenter leurs séjours à Versailles pour les uns et sur la Corne d’Or pour leurs homologues. Huit jours pour découvrir ou redécouvrir tout cela, c’est peu. Mais le forum à Istanbul a l’ambition de faire profiter chacun de tous les instants pour y prendre à coup sûr le goût d’y revenir. Christian Lochon Pour l’animation culturelle d’ensemble nos meilleurs guides locaux parlant français et une équipe d’accompagnateurs Arts et Vie. Au programme cycle de 6 confÉrences
magistrales Des visites d’exception Des itinÉraires culturels dans istanbul HÉbergement
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